poésie & hermétisme - ésotérisme & érotisme - alchimie & surréalisme - franc-maçonnerie & symbolisme
21 Novembre 2025
Mes ami.e.s,
La nuit du 7 juillet 2018, un an avant l'incendie de Notre-Dame de Paris, je fis ce rêve oh combien étrange ! Celui-ci, se révélera prémonitoire et me troublera un certain temps.
J'étais assis au balcon comme l'alchimiste au bonnet phrygien sur cette photo et j'ai vu
une femme nue à la longue chevelure rousse dans une flexueuse danse enflammer la flèche de la cathédrale et la détrôner en la réduisant en cendres ; et s'évaporer dans la fumée. Soudainement, du brasier, tel un phénix, elle réapparut, ouvrant ses bras comme des ailes en croix et s'offrit à un ciel aux vagues agitées qui recouvrait maintenant I'île de la Cité. Puis, deux serpents — comme ceux du caducée du Triomphe Hermétique de Saint-Didier de Limojon — enlaçèrent son corps et la couronnèrent ; le fa dièse du bourdon Emmanuel, tel un feu-follet vitriolé, échappa un son infernal. Je suais. Je tremblais. Je cherchais à échapper à cet onirisme envoûtant mais il me fût impossible de me réveiller.
La veille du 15 avril 2019, le jour de l'incendie de Notre-Dame, je fis un second rêve surréaliste. Il était minuit. Toutes les aiguilles de l'horloge Collin tournaient dans le sens inverse du temps à franc étrier. Des étincelles rougeoyantes s'échappèrent des mécanismes à bout de souffle qui embrasèrent la forêt de la cathédrale ; à dix-neuf heures le 16 avril, la flèche s'empourprait de honte, le Christianisme, flambait, réellement, à la face du monde.
Il faudrait manquer de clairvoyance pour n'y voir qu'un accident voire un dramatique hasard. La cathédrale a bien été ciblée par une exceptionnelle synchronicité d'archétypes atemporelles ; le peuple n'y a vu que du feu...
Déjà dès l'aube, les mystères alchimiques suintaient comme de vives sèves dans les nervures des pierres de la Reine du ciel et transsudaient à l'extrême pointe de la flèche Notre-Dame, en fine rosée blanche, la cambrure mystique et suave de la Vierge-oiseau, du jardin secret du Christ, faire l'oracle, que dans un feu véhément, sera transmuée cette flèche de pierre en une flèche de chair : Ma-Dame de Paris.
Nous étions en l'an 1666 et les visions et hallucinations erraient dans les esprits follets des ouailles de Paris.
La chimère, l'oeil humecté de feu, du haut de son piédestal, à côté de l'Adepte, observait avec un sourire sardonique la fête endiablée qui possédait les nefs ogivales d'une Notre-Dame dépossédée pour une Ma-Dame possédée.
Enfin je me réveillais sur le parvis et je rédigeais les premiers vers du poème Porte rouge aux matines que je vous livre et qui retracent le début du sépulcre nuptial sur l'autel de l'Ars Goetia d'une nuit de folie infenale une nuit de 1666 :
...en vérité je vous le dis
Sur l’île de la Cité
Ce jour d’hui ou d’hier
Je ne sais plus vraiment
La fête des fous et des sages
Honore les anges noirs bâtés
Qui ivres de lasciveté et luxure
Fouaillent les vierges lubriques
Le carnaval de l’obscène possède
Les nefs ogivales de Notre-Dame
Ménades saillissent de la Seine
Orchestrent l’orgie hilare de la rive
Servent à la louche le vin du canthare
Le Thyrse de Dionysos à la main...
...en vérité je vous le dis
À la petite Porte-Rouge aux Matines
Une folâtre couronnée d’aubépine
Danse nue et pâle sous le gâble
Et crie évohé à la face des faunes.../ ©
Le recueil dévoile la suite de "Porte rouge aux matines".
Acta fabula est
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